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Claire s’initie au surf aux côtés d’un champion

Le « Rêve de Senior » de Claire : faire du surf

« Surfer une petite vague, à Biarritz ou ailleurs. » Ce sont les mots qu’a employés Claire, habitante de Castres, pour exprimer le rêve qu’elle porte en elle depuis de nombreuses années. “J’ai toujours aimé la glisse : ski, planche à voile et ski nautique. Sportive volontaire mais nageuse médiocre, j’aimerais comprendre ce sport, m’initier et pouvoir surfer une vague !”

Touchés par ce rêve, les membres du Comité de sélection ont décidé d’en faire une réalité. Ils ont alors contacté Ismaël Guilliorit, surfeur amputé tibial, couronné vice-champion du Monde de parasurf en 2023. Il est également président depuis 2004 de l’association socio-sportive VAGDESPOIR, fondée par des jeunes valides et handis passionnés par les sports de glisse. Convaincu que le surf est un sport accessible à toutes et tous, Ismaël a immédiatement accepté de réaliser le rêve de Claire. Le rendez-vous a été pris le 11 septembre 2025.

Se lever sur la planche de surf, étape après étape

Une fois arrivée à Royan, Claire a fait connaissance avec Ismaël. Avant même de toucher l’océan, il y a eu un premier défi : enfiler une combinaison de surf à 73 ans. Puis est venu le temps de la confiance. Ismaël Guilliorit était le coach personnel de Claire pour la journée. Un guide bienveillant, attentif, rassurant. Pour apprivoiser les éléments, ils ont commencé autrement : par une session de char à voile. Le vent soufflait déjà fort, la pluie s’invitait sans demander son avis. Mais Claire riait. Elle sentait la vitesse, la glisse, le mouvement. Le sable défilait sous ses yeux, et quelque chose se débloquait en elle. La peur laissait place au plaisir.

Pendant que la marée montait et que les vagues prenaient forme, l’apprentissage a continué sur le sable. La planche posée à même la plage. Les pieds bien placés. Les genoux fléchis. Le regard loin devant. Apprendre l’équilibre avant même d’entrer dans l’eau. Tomber parfois, se relever toujours. Ismaël répétait les gestes, les mots simples, les conseils précis. Claire écoutait, appliquait, recommençait.

Et puis il a fallu y aller. Entrer dans l’eau. Une eau froide, saisissante. Le corps qui se crispe d’abord, puis s’adapte. Les premières vagues arrivent. Les premières gamelles aussi. Claire tombe. Rit parfois. Respire. Repart. À chaque tentative, Ismaël ajuste, encourage, corrige. « Regarde devant, fais confiance, lève-toi. »

Et soudain, ça fonctionne. Claire se lève. Une fois. Puis une autre. Pas longtemps, mais suffisamment. Suffisamment pour ressentir la glisse. Suffisamment pour comprendre pourquoi elle avait fait tout ce chemin depuis Castre. Suffisamment pour que l’émotion prenne toute la place.

Après une trentaine de minutes dans l’eau, le corps est fatigué mais l’esprit est léger. Claire sort de l’océan. Quelques étirements pour délier les muscles. Un temps pour reprendre son souffle. Pour redescendre doucement. Puis elle se change, s’habille chaudement, encore enveloppée de ce qu’elle vient de vivre.

Les journalistes de TF1 et de France Bleu l’attendent. Ils recueillent ses mots, ses émotions, encore à vif. Claire parle avec simplicité. Avec vérité. La nuit commence à tomber sur la plage de Pontaillac. Le rêve est accompli.

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